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Liste des Cinéma Sonore Film : Votez pour vos favoris.

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Cinéma sonore (ou cinéma parlant) désigne les films permettant la vision d’images animées enregistrées et simultanément l’audition d’une bande-son enregistrée. Les films ainsi présentés sont désignés indifféremment comme des films sonores ou films parlants. Restrictivement, cette expression désigne les films d’après 1926-27, les opposant à la période du cinéma muet (films muets), ainsi nommée depuis l’avènement du son enregistré sur disque en 1926 par procédé Vitaphone, auquel succède en 1927 le premier son enregistré sur pellicule argentique négative puis reporté sur les copies d'exploitation louées aux salles de cinéma, par procédé appelé « son optique » (son sur film).

Le cinéma, représenté par ses premiers films, est né en 1891, à West Orange dans le New Jersey, près de New York. C’est l’inventeur et industriel Thomas Edison qui en est le maître d’œuvre. Il a déjà inventé et commercialisé le phonographe, il rêve maintenant d’immortaliser en images les prestations des artistes enregistrés sur cylindres de cire (ancêtres des disques). « On pourrait ainsi assister à un concert du Metropolitan Opera cinquante ans plus tard, alors que tous les interprètes auraient disparu depuis longtemps. » Il charge son ingénieur électricien William Kennedy Laurie Dickson, de travailler sur son projet, imaginant de coupler sur le même axe de rotation, un cylindre d’enregistrement phonographique et un cylindre directement enduit de bromure d'argent, le tout enfermé dans une boîte étanche à la lumière. Un objectif se déplace sur une vis sans fin, recevant la lumière du sujet visé et la dirigeant sur le cylindre en rotation. Un obturateur à pales provoque l’enregistrement espacé des instantanés selon le procédé du stroboscope. Le cylindre est ensuite plongé dans les bains de traitement successifs et en ressort sous forme de négatif aux valeurs inversées : noir pour blanc, blanc pour noir. Pour obtenir un rétablissement de ces valeurs et permettre la manipulation des clichés, une feuille de papier photosensible est enroulée autour du cylindre que l’on éclaire de l’intérieur. Selon la technique du tirage contact, les différents photogrammes sont ainsi reportés sur cette feuille qui peut ensuite être découpée. Ses essais sont visibles à l’œil nu, image par image, mais comme les essais à la même époque de Louis Aimé Augustin Le Prince, le procédé sur papier ne permet pas de visionner les images photographiques en mouvement, le support étant opaque et fragile. Dickson tourne ainsi trois essais : Monkeyshines, No. 1, No. 2 et No. 3.

Ces essais ne sont pas concluants, d’autant que la place nécessaire à l’enregistrement des images est beaucoup plus vaste que celle nécessitée par le seul enregistrement sonore et le cylindre image est en conséquence surdimensionné. De plus, le coulissement de l’objectif tout au long de ce cylindre au cours de la prise de vues fait que les images sont floues. « Des silhouettes blanches s'agitent sur un fond noir et sont généralement aussi inhumaines que des pantins. On peut les comparer à des ombres chinoises en négatif. », écrit l'historien du cinéma Georges Sadoul.

Mais Edison se procure le film souple en celluloïd (nitrate de cellulose), inventé en 1888 par John Carbutt, et commercialisé par l'industriel George Eastman sous la forme de rouleaux de 70 mm de large, sans perforations. Selon les directives et croquis d'Edison, Laurie Dickson et son aide, William Heise, développent un nouveau modèle de caméra, le kinétographe, dont Edison dépose de nombreux brevets internationaux. C'est la première caméra de l'histoire qui fonctionne réellement, munie d'une seule optique et entraînée par un moteur électrique. « The cinema, as we know it today, began with the invention of the Kinetograph and Kinetoscope. These two instruments represent the first practical method of cinematography » (le cinéma, tel que nous le connaissons aujourd'hui, commença avec l'invention du kinétographe et du kinétoscope. Ces deux machines sont la première méthode réussie de prise de vues cinématographique). Le kinétographe contient un bobineau de pellicule 19 mm à défilement horizontal d'environ 17 mètres de longueur, qui passe dans l'appareil en moins d'une minute. L'unique rangée de perforations, assurant les différents défilements — continu et alternatif — est située en bas des photogrammes, à raison de six perforations par image. Les photogrammes sont circulaires, comme dans les jouets optiques (qui sont les premières applications des essais d’images animées, dont la durée — cyclique — est tout au plus de deux secondes) et ils ont un diamètre d’environ 12 mm. Les premiers films sont ensuite visionnés sur le kinétoscope, une machine de visionnement individuel, développée par Dickson, dont Edison dépose un brevet valable seulement aux États-Unis, la machine lui paraissant n'être qu'un premier pas vers la mise au point de son projet final : le son et l’image enregistrés et reproduits ensemble.

Cependant, l'image du 19 mm est jugée trop petite. L’équipe décide de découper la bande Eastman de 70 mm par son milieu, créant deux galettes au format 35 mm de large, qu'ils font défiler cette fois verticalement dans la caméra en la munissant de deux rangées de quatre perforations rectangulaires sur chacun des bords. « Edison fit accomplir au cinéma une étape décisive, en créant le film moderne de 35 mm, à quatre paires de perforations par image. »

Pour alimenter les Kinetoscope Parlors, ces premières salles de cinéma, qu’Edison ouvre partout aux États-Unis et en Europe, le premier studio de cinéma est construit à Orange, le Black Maria, petit bâtiment sommaire où sont tournés, de 1893 à 1895, les 70 premiers films sur support photographique. Les essais de couplage son et images avec un phonographe sont rares, les difficultés de synchroniser deux supports totalement différents sont loin d’être levées. Edison tente de lancer le kinétophone en 1895, mais le succès n’est pas à l’appel et les frères Lumière, encouragés par le succès des films Edison qui se répandent partout dans le monde, viennent en Europe de présenter une machine plus perfectionnée que ses ancêtres américains, le cinématographe qui reprend ce que le Français Émile Reynaud utilise depuis 1892 avec ses films peints directement sur la pellicule : la projection sur grand écran. Le cinématographe, imité, contrefait, comme l’avait été les kinétoscopes d’Edison, balaye son concurrent qui n’offre au public qu’une projection individuelle au moyen d’un œilleton. Les Kinetoscope Parlors ferment et dorénavant, les salles de cinéma seront basées sur la projection des programmes devant un public rassemblé et plongé dans l’obscurité complète.

Emile Reynaud avait compris, dès 1892 que pour accompagner les émotions du public, et même les amplifier, une bonne musique s’avérait nécessaire. Elle a aussi le pouvoir de calmer la gêne, voire l’angoisse, des spectateurs plongés à plusieurs dans l’obscurité d’une salle. Aussi, est-il le premier à commander des partitions de musique spécialement prévues pour ses films à un pianiste de ses amis, Gaston Paulin. Il expérimente même un système de déclenchement automatique de quelques bruits, entraîné par le déplacement de ses bandes et des contacts électriques judicieusement placés sur les bords de cette bande. Les bandes de Reynaud, qu’il nomme « pantomimes lumineuses », sont d’une durée exceptionnelle : de 90 secondes à 5 minutes, alors que les films Edison et les films Lumière ne dépassent pas 1 minute.

Car si le cinéma n’est pas encore sonore, dès les premières projections, l’ambiance d’une salle est loin d’être silencieuse. Outre les réactions du public (rires ou cris de surprise), la tradition, venue des projections de dessins lanternes magiques qu’ont connues les XVIIe siècle et XVIIIe siècle, et des projections de plaques de verre photographiques de la seconde moitié du XIXe siècle, fait que les séances sont toujours accompagnées de commentaires divers, prononcés soit par le lanterniste, soit par un bonimenteur « qui émaille chaque projection de commentaires, soit dramatiques soit amusants, inventant et jouant des dialogues, changeant de voix selon qu’il s’agit d’un homme, d’une femme ou d’un enfant. »

Comme au théâtre ou dans les opéras, le projectionniste, ou le bonimenteur, ou un bruiteur professionnel (selon le luxe de la salle), provoquent des bruits à l’aide d’accessoires astucieux, « des noix de coco pour les sabots des chevaux, des grelots pour les calèches, une tôle de fer pour l’orage, une planchette articulée pour les coups de feu, un ventilateur armé d’un carton frottant sur les pales pour les moteurs de voiture, et bien d’autres accessoires. » Les vendeurs de films livrent bientôt avec la pellicule un guide qui permet à l’exploitant de la salle de prévoir les accessoires nécessaires au bruitage et donnent des indications de commentaires et de dialogues, « pour tenter d’imposer un fil conducteur et de canaliser la verve des bonimenteurs. » Le même phénomène traditionnel fait que les films seront soutenus par différentes musiques dès que les perfectionnements techniques permettront de dépasser la durée d’une seule minute qu’avaient tous les films de 1891 à 1900.

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