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Liste des Point Of View Shot Film : Votez pour vos favoris.

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Dans l’analyse sémiologique des arts graphiques, et en particulier en ce qui concerne les films, il est distingué les vues dites en caméra objective, des vues dites en caméra subjective, ou plans subjectifs.

Dans la très grande majorité des cas, les plans sont filmés en caméra objective. La position de l’appareil de prise de vues par rapport au sujet filmé, c’est-à-dire l’axe de l’objectif (de face, de côté, de ¾, au niveau ou en plongée, ou en contre-plongée) et son cadrage (plan plus ou moins large ou plan plus ou moins « serré »), ne renvoient pas au regard de l’un ou l'autre des personnages de l’action. Le point de vue est anonyme, les images représentent dans leur variété le regard d’un narrateur omniscient, qui est en fait celui du réalisateur puisque c’est son rôle de déterminer « un rétrécissement du champ de vision par l’objectif qui devient l’œil de la caméra qui fonctionne alors comme un entonnoir. Mais à la différence de l’œil, la caméra ne voit que ce que l’on veut bien lui montrer, c’est-à-dire ce qui est dans son champ optique. ». Le spectateur n’a pourtant pas conscience de ce phénomène de choix qui préside au tournage. En adoptant le point de vue qui lui est présenté, il se positionne dans l’espace diégétique à la meilleure place — selon le choix imposé par le réalisateur — pour jouir de l’action du film. « Le morcellement des plans n'a pour d'autre but que d'analyser l'événement selon la logique matérielle ou dramatique de la scène... L'esprit du spectateur épouse naturellement les points de vue que lui propose le metteur en scène parce qu'ils sont justifiés par la géographie de l'action ou le déplacement de l'intérêt dramatique. »

Cette acceptation de principe du spectateur a été historiquement une construction mentale de la société par rapport à la nouveauté de l’image filmée. Elle n’a pas été donnée, mais acquise petit à petit par le public. Jusqu’en 1900, « un cadrage trop serré sur une personne, coupant les jambes, ou le bassin, ou la poitrine, ou le visage, était considéré comme monstrueux, offrant presque de façon indécente l’étal d’un boucher. Les personnages d’un film ne pouvaient pas devenir des estropiés, des manchots ou des culs de jatte! Il était en plus interdit de s’approcher de leur intimité, sauf dans le but avoué de créer une scène ridicule. Ainsi, l’un des tout premiers bobineaux produits par Edison montre Fred Ott, “la première star du cinéma”, filmé à mi-corps, mais dans une situation risible, son violent éternuement. » Très rapidement, notamment sous l’influence des réalisateurs britanniques de l’École de Brighton, puis celle du réalisateur américain D. W. Griffith, le public a consenti au découpage arbitraire de l’espace filmé qu'on lui proposait, puisque celui-ci lui permettait de mieux percevoir les décors dans lesquels se mouvaient ces personnages, mais aussi les expressions du corps et des visages dans les gros plans des vedettes qu’il adulait. « Nous interprétons sans aucun effort ces images juxtaposées, ce langage. Mais ce rapport très simple auquel nous ne prêtons plus aucune attention, ce rapport automatique, réflexe, qui fait partie de notre système de perception comme une sorte de sens supplémentaire, a constitué [...] une révolution discrète mais réelle. »

En caméra subjective, le réalisateur propose au public d’adopter (généralement le temps d’un ou de quelques plans) le regard d'un des personnages de l’action. C’est une adoption qui est perçue par le public comme « une indiscrétion, une charge prédatrice, une connotation de violence qui vient du voyeurisme lui-même. S’ils ne sont pas nécessairement construits sur un principe de morcellement des personnages, ils sont par essence inquiétants puisqu’ils interpellent le spectateur et le forcent à emprunter le regard de la caméra, c’est-à-dire le regard d’un des personnages, qui peut devenir terrifiant quand il impose au spectateur sa vision du monde lorsqu’elle est celle d’un agresseur ou d’un agressé, d’un prédateur ou d’une proie… Sa mission diabolique d’identification forcée du spectateur est son unique raison d’exister. C’est un viol par le regard. »

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